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1 (1861)
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de pensées remarquables et de gloire terrestre, le toutpar grâce et miséricorde divines, afin que notre pauvreâme ne sen aille pas tout à fait à jeun, et goûte sur cetteterre un peu de ces délices qui lui sont refusées en haut.

Vid. Goethe et la Société des bons livres.

Vous voyez donc, madame, que vous pouvez sansdanger lire mes écrits, qui témoignent précisément de lagrâce et de la miséricorde de Dieu. Jécris dans une con-fiance aveugle en sa toute-puissance, je suis sous ce rap-port un écrvain tout à fait religieux, et pour avouer lavérité, au moment je commence celte période, je nesais pas encore comment je la terminerai, et ce que jedois dire, et jen laisse le soin au bon Dieu. Et commentaussi pourrais-je écrire sans cette pieuse confiance dansla volonté divine! Dans ma chambre se tient maintenantlapprenti de limprimeur Langhoif, qui attend de lacopie; la parole à peine née court, brûlante et humide,vers la presse, et ce que je pense, ce que je sens en cetinstant, peut, ce soir, être déjà de la maculature.

Il vous est bien facile, madame, de me rappeler lenonumque prematur in ctnnum dHorace. Cette règlepeut, comme tant dautres, être fort bonne en théorie,mais, en pratique, elle ne vaut rien. Quand Horace don-nait à lauteur sa fameuse règle de laisser un ouvragedormir pendant neuf ans dans le secrétaire, il auraitlui donner en même temps une recette pour vivre neuf ans