REISEBILDER.
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de pensées remarquables et de gloire terrestre, le toutpar grâce et miséricorde divines, afin que notre pauvreâme ne s’en aille pas tout à fait à jeun, et goûte sur cetteterre un peu de ces délices qui lui sont refusées en haut.
Vid. Goethe et la Société des bons livres.
Vous voyez donc, madame, que vous pouvez sansdanger lire mes écrits, qui témoignent précisément de lagrâce et de la miséricorde de Dieu. J’écris dans une con-fiance aveugle en sa toute-puissance, je suis sous ce rap-port un écrvain tout à fait religieux, et pour avouer lavérité, au moment où je commence celte période, je nesais pas encore comment je la terminerai, et ce que jedois dire, et j’en laisse le soin au bon Dieu. Et commentaussi pourrais-je écrire sans cette pieuse confiance dansla volonté divine! Dans ma chambre se tient maintenantl’apprenti de l’imprimeur Langhoif, qui attend de lacopie; la parole à peine née court, brûlante et humide,vers la presse, et ce que je pense, ce que je sens en cetinstant, peut, ce soir, être déjà de la maculature.
Il vous est bien facile, madame, de me rappeler lenonumque prematur in ctnnum d’Horace. Cette règlepeut, comme tant d’autres, être fort bonne en théorie,mais, en pratique, elle ne vaut rien. Quand Horace don-nait à l’auteur sa fameuse règle de laisser un ouvragedormir pendant neuf ans dans le secrétaire, il aurait dûlui donner en même temps une recette pour vivre neuf ans