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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
fescennes, des satyres insultantes; et vous savez, ma-dame , qu’il y a beaucoup de vieilles commères et decanaille dans notre chère Allemagne.
Vous comprenez bien, madame : les idées dont il estquestion ici sont aussi éloignées des idées platoniques,qu’Athènes l’est de Gœttingue, et vous pouvez attendreaussi peu de bien de ce livre que de l’auteur lui-même.En vérité, que celui-ci"ait pu faire concevoir de telles
espérances, cela est inconcevable pour moi comme
«
pour mes amis. La comtesse Julie prétend expliquer lachose, et assure que, lorsqu’il arrive au susdit auteur dedire quelque chose de vraiment spirituel et de vraimentneuf, ce n’est que feinte de sa part, et qu’au fond il estaussi sot que les autres. Cela est faux; je ne dissimulepas, je parle selon la nature de mon bec, j’écris en touteinnocence, en toute simplicité ce qui me vient à l’esprit,et ce n’est pas ma faute si cela a le sens commun. Maisj’ai, en littérature, eu toujours plus de bonheur qu’à laloterie d’Altona (je voudrais que ce fût l’inverse), et ilme sort souvent de la plume maint arnbe de sentiments,maint quaterne de pensées, et c’est Dieu qui fait cela;car LUI, qui refuse aux pieux chantres d’Éloha et auxpoètes édifiants, les belles pensées et la gloire littéraire,pour qu’ils ne soient pas trop loués par la créature, cequi leur ferait oublier le ciel où les anges leur préparent
déjà des logements. LUI nous gratifie, nous autres
écrivains profanes, pécheurs et hérétiques, pour les-quels le ciel reste fermé, IL nous .gratifie d’autant plus