REI9EBILDER.
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est un homme dont l’instinct, également subtil, retrouveles anciens chemins des caravanes de l’Orient, et quiles parcourt depuis un demi-siècle avec la même sûretéet la même patience qu’un chameau de' l’antiquité. Onpeut se fier à de telles gens, on peut les suivre on touteassurance, et c’est pourquoi j’ai intitulé ce livre :« Idées. »
Le titre du livre signifie donc aussi peu que le titre del’auteur. Celui-ci ne l’a pas choisi par suite d’un orgueild’érudit, et ce titre ne doit nullement le faire accuser devanité. Recevez-en l’assurance la plus douloureuse,madame, je ne suis pas vain. Cette remarque est néces-saire, comme vous le verrez plus bas; je ne suis pointvain, et il pousserait un bois de lauriers sur ma tète, etune mer d’encens inonderait mon jeune cœur, que je nedeviendrais point vain pour cela. Mes amis et autrescontemporains ont soigneusement pourvu à détruire cevice. Vous savez, madame, que les vieilles commèresdénigrent d’ordinaire un peu leurs enfants chéris, quandon les loue de leur beauté, afin que la louange ne gâtepas les chères petites créatures... Vous savez, madame,qu’à Rome, lorsque le triomphateur, arrivant duChamp-de-Mars, couronné de gloire, revêtu de lapourpre, faisait son entrée sur un char d’or, traîné pardes coursiers blancs, et dominait, comme un dieu, lecortège solennel des licteurs, musiciens , danseurs,prêtres, esclaves, éléphants, porte-trophées, consuls,sénateurs, soldats; la canaille chantait derrière lui des