IX
L’empereur est mort ! Sur une petite île de la mer desIndes est sa tombe solitaire, et lui pour qui la terre étaittrop étroite, il repose tranquillement sous un chétifmonticule, où cinq saules pleureurs laissent pendre avecdésespoir leur longue chevelure verte, où un pieux ruis-selet s’écoule en laissant échapper un plaintif murmure.On ne voit pas d’inscription sur sa pierre tumulaire;mais Clio y a gravé en caractères invisibles des parolesqui retentiront dans les siècles les plus reculés.
Grande-Bretagne! à toi appartient la mer; mais lamer n’a pas assez d’eau pour laver la honte que cetillustre défunt t’a léguée en mourant. Ce n’est pas tonsir Hudson, c’est toi qui fus le sbire sicilien que lesrois conjurés apostèrent pour venger secrètement surcet homme venu du peuple ce que les peuples avaientexercé publiquement à l’égard d’un des leurs. — Et ilétait ton hôte, et il s’était assis à ton foyer!
Jusque dans les siècles les plus reculés, les enfants enFrance chanteront et rediront la terrible hospitalité duBellérophon, et lorsque ces chants d’ironie et de larmes