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(EUVHES DE HEN1U HEINE.
dévots hypocrites, avec leurs cierges, leurs croix et leursbannières. Même dans le plus sublime de la tragédie dumonde, se glissent des traits comiques ; et le républicaindésespéré qui se plonge, comme Brutus, un couteaudans le cœur, s’est peut-être assuré auparavant que lalame ne sentait pas le hareng. Sur cette grande scènedu monde, tout va comme sur nos misérables planchesde théâtre : là il y a aussi des héros ivrognes, des roisqui ne savent pas leur rôle, des coulisses qui restent enl’air, des souffleurs qui soufflent trop haut, des costumesqui sont l’affaire principale... Et au ciel, là-haut, aupremier rang , est assise, pendant ce temps, la bonnecompagnie des anges qui nous lorgnent, nous autrescomédiens, et le bon Dieu se tient gravement dans sagiande loge, qui s’y ennuie peut-être, ou bien qui cal-cule que ce théâtre ne peut durer longtemps, parce quecertains acteurs ont trop de gages, et d’autres trop peu,et aussi parce qu’ils jouent tous trop mal.
Du sublime au ridicule, madame, il n’y a qu’un pas.Tandis que j’écrivais la fin du chapitre précédent, etque je vous racontais comment mourut M. Legrand, etcomment j’exécutai fidèlement le testamentum militareque j’avais lu dans son dernier regard, on frappa à laporte de ma chambre, et une pauvre vieille femme entraen me demandant amicalement si je n’étais pas docteur.Sur ma réponse affirmative, elle me pria fort amicale-ment encore de me rendre chez elle pour couper les corsdes pieds à son mari.