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1 (1861)
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REISEBILDER.

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çaise et lhistoire'moderne. Gétait toujours la vieillecaisse bien connue, et je ne pouvais assez admirer com-ment il avait pu la défendre contre la rapacité russe. Iltambourina encore comme autrefois, sans parler toute-fois. Mais si les lèvres restaient sévèrement serrées, sesyeux, qui brillaient dun air vainqueur lorsquil jouaitles anciennes marches, ne sexprimaient quavec plusdéloquence. Les peupliers près de nous tremblèrentlorsquil fit de nouveau retentir la sanglante marche dela guillotine. Il tambourina aussi comme autrefois lesvieux combats de la liberté, les anciennes batailles, lesexploits de lempereur, et il semblait que la caisse'fût un être animé qui se réjouissait dexprimer sonbonheur intime. Jentendis de nouveau le grondementdu canon, le sifflement des balles,le bruit des armes; jerevis le courage héroïque de la garde, les drapeaux tri-colores, je revis lempereur à cheval... Mais insensible-ment se glissa un ton sinistre au milieu de tous cesjoyeux roulements; du fond du tambour séchappaientdes sons lallégresse la plus vive et le deuil le plusprofond étaient confondus ; il semblait que ce fût à lafois une marche triomphale et une marche funèbre ; lesyeux de Legrand souvraient largement comme des yeuxde spectre, et jy voyais un vaste champ de glaces,blanc et.uni, et couvert de cadavres... Il battait la ba-taille de la Moskowa.

Je naurais jamais pensé que cette vieille et rude caissede tambour pût rendre des accents aussi plaintifs que