REISEBILDER.
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çaise et l’histoire'moderne. G’était toujours la vieillecaisse bien connue, et je ne pouvais assez admirer com-ment il avait pu la défendre contre la rapacité russe. Iltambourina encore comme autrefois, sans parler toute-fois. Mais si les lèvres restaient sévèrement serrées, sesyeux, qui brillaient d’un air vainqueur lorsqu’il jouaitles anciennes marches, ne s’exprimaient qu’avec plusd’éloquence. Les peupliers près de nous tremblèrentlorsqu’il fit de nouveau retentir la sanglante marche dela guillotine. Il tambourina aussi comme autrefois lesvieux combats de la liberté, les anciennes batailles, lesexploits de l’empereur, et il semblait que la caisse'fût un être animé qui se réjouissait d’exprimer sonbonheur intime. J’entendis de nouveau le grondementdu canon, le sifflement des balles,le bruit des armes; jerevis le courage héroïque de la garde, les drapeaux tri-colores, je revis l’empereur à cheval... Mais insensible-ment se glissa un ton sinistre au milieu de tous cesjoyeux roulements; du fond du tambour s’échappaientdes sons où l’allégresse la plus vive et le deuil le plusprofond étaient confondus ; il semblait que ce fût à lafois une marche triomphale et une marche funèbre ; lesyeux de Legrand s’ouvraient largement comme des yeuxde spectre, et j’y voyais un vaste champ de glaces,blanc et.uni, et couvert de cadavres... Il battait la ba-taille de la Moskowa.
Je n’aurais jamais pensé que cette vieille et rude caissede tambour pût rendre des accents aussi plaintifs que