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1 (1861)
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196
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196 ŒUVRES DE HENRI HEINE.

changé. Cétait le petit baron, qui sautillait gaiement,comme jadis, le long du jardin de la cour, levant dunemain la basque de son habit, et agitant de lautre samince canne de jonc. Il avait toujours la même petitefigure amicale, dont les couleurs sétaient concentréessur le nez ; cétait aussi le petit chapeau rond, la petitequeue dautrefois, seulement de petits cheveux blancsavaient remplacé les petits cheveux noirs dont elle secomposait; mais, quelle que fût sa gaieté apparente,jappris cependant que le pauvre baron avait essuyébeaucoup de traverses. Son visage avait beau vouloir lecacher, les petits cheveux blancs de sa petite queue letrahissaient par derrière; mais la petite queue elle-même semblait cependant vouloir dissimuler, tant ellefrétillait avec aisance.

Je nétais pas fatigué, mais jéprouvai lenvie de mas-seoir encore une fois sur le banc de bois jadis javaisgravé le nom de la jeune fille que jaiinais. Jeus peine àretrouver ces lettres, tant on y avait inscrit de nouveauxnoms. Hélas ! un jour je métais endormi sur ce banc, etjy avais rêvé damour et de bonheur; « les songes sontdes mensonges. » Les anciens jeux de mon enfance re-vinrent tous à ma pensée, et les anciennes et belleslégendes; mais un jeu nouveau et faux, une nouvelle etaffreuse légende se mêlait à tous ces souvenirs. Cétaitlhistoire de deux pauvres âmes qui devinrent infidèleslune et lautre, et qui poussèrent dans la suite la dé-loyauté au point de trahir le bon Dieu même. Cest

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