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1 (1861)
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195
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REISEBIEDER.

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leurs de cour, des cordonniers de cour, des cabaretiersde la cour. Toute la ville semblait un hôpital pour desfous de la cour. Le vieil électeur seul me reconnut. Ilétait toujours à son ancienne place, mais il semblaitdevenu plus maigre; cest que, sur cette piace, il avaitvu toutes les misères du temps, et quun pareil aspectnengraisse pas. Jétais comme au milieu dun lève, etje pensais à la légende des villes enchantées. Je courusà la porte de la ville pour ne pas méveiller trop tôt. Ilmanquait plus dun arbre au jardin de la cour, plus dunétait pourri, et les quatre grands peupliers, qui mappa-raissaient autrefois comme des géants verts, étaientdevenus petits. Quelques jolies filles promenaient,parées, bariolées et semblables à des tulipes ambu-lantes. Je les avais connues, ces tulipes, quand ellesnétaient que de petits ognons. Nous étions enfants dumôme voisinage, et javais joué avec elles au jeu deMadame monte à sa tour. Mais les belles filles, quejavais vues comme des boutons de roses, hélas! ellesétaient devenues des roses fanées, et sur plus dun frontélevé dont la fierté charmait mon cœur, Saturne avaitdécoupé avec sa faux de profondes rides. Lhumblesalut dun homme que javais connu riche et distingué,et qui était tombé jusquà la condition de mendiant,mémut profondément. Comme partout, dès que leshommes sont en train de tomber, ds subissent les loisde Newton, et gravitent vers la misère avec une rapiditétoujours croissante. Un seul personnage paraissait peu