REISEBIEDER.
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leurs de cour, des cordonniers de cour, des cabaretiersde la cour. Toute la ville semblait un hôpital pour desfous de la cour. Le vieil électeur seul me reconnut. Ilétait toujours à son ancienne place, mais il semblaitdevenu plus maigre; c’est que, sur cette piace, il avaitvu toutes les misères du temps, et qu’un pareil aspectn’engraisse pas. J’étais comme au milieu d’un lève, etje pensais à la légende des villes enchantées. Je courusà la porte de la ville pour ne pas m’éveiller trop tôt. Ilmanquait plus d’un arbre au jardin de la cour, plus d’unétait pourri, et les quatre grands peupliers, qui m’appa-raissaient autrefois comme des géants verts, étaientdevenus petits. Quelques jolies filles sé promenaient,parées, bariolées et semblables à des tulipes ambu-lantes. Je les avais connues, ces tulipes, quand ellesn’étaient que de petits ognons. Nous étions enfants dumôme voisinage, et j’avais joué avec elles au jeu deMadame monte à sa tour. Mais les belles filles, quej’avais vues comme des boutons de roses, hélas! ellesétaient devenues des roses fanées, et sur plus d’un frontélevé dont la fierté charmait mon cœur, Saturne avaitdécoupé avec sa faux de profondes rides. L’humblesalut d’un homme que j’avais connu riche et distingué,et qui était tombé jusqu’à la condition de mendiant,m’émut profondément. Comme partout, dès que leshommes sont en train de tomber, ds subissent les loisde Newton, et gravitent vers la misère avec une rapiditétoujours croissante. Un seul personnage paraissait peu