Mais que devins-je, lorsque je le vis lui-même, derues propres yeux, lui en personne, hosannah ! l’em-pereur?
Il venait d’entrer dans cette même allée du jardin dela cour à Dusseldorf. En me pressant à travers la fouleébahie, je songeais aux faits et aux batailles que M. Le-grand m’avait tant tambourinés; mon cœur battait lagénérale,... et cependant, et en même temps, je pensaisà l’ordonnance de police qui défend de passer à chevaldans les allées, sous peine de 5 thalers d’amende. Etl’empereur avec sa suite chevauchait au beau milieu del’allée; les arbres, interdits, se courbaient en avant, àmesure qu’il avançait, les rayons du soleil dardaient entremblotant et d’un air de curiosité à travers le vertfeuillage; et sur le ciel bleu, on voyait distinctementétinceler une étoile d’or. L’empereur portait son simpleuniforme vert, et le petit chapeau historique. 11 montaitun petit coursier blanc, et le cheval marchait si fier, sipaisible, si sûrement, d’une manière si distinguée... Sij’avais été alors le prince royal de Prusse, j’aurais envié