REISEBILDER.
487
ment dans leur balancement, les lis se penchent d’unair mélancolique, les roses me sourient, la violette sou-pire...; je suis transporté dans le jardin de la cour àDusseldorf, où j’étais si souvent couché sur le gazonécoutant pieusement M. Legrand, qui me racontait lesfaits héroïques du grand empereur, et me tambourinaitles marches qui avaient accompagné ces faits; si bienque je voyais et que j’entendais tout en réalité... Je visainsi la marche à travers le Simplon..., l’empereur enavant et derrière ses braves grenadiers, qui grimpent,tandis que les oiseaux de proie effrayés s’envolent avecun croassement, et que les glaciers tonnent dans l’éloi-gnement... Je vis l’empereur, le drapeau à la main, surle pont de Lodi... Je vis l’empereur en manteau gris, àMarengo... Je vis l’empereur à cheval, à la bataille desPyramides... Rien que fumée de poudre, que Mame-lucks!... Je vis l’empereur à la bataille d’Austerlitz...Oh! comme les balles sifflaient sur la plaine glacée !...Je vis, j’entendis la bataille d’Iéna: Dum! dum!dum!... Je vis et j’entendis les batailles d’Eylau, deWagram... Non, je pus à peine le soutenir ! M. Legrandtambourinait de manière à déchirer mon propre tympan.