REISF.Bir.DER.
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assiettes pleines. Moi, qui passais inaperçu, j’étais assistout désœuvré, sans la moindre occupation pour mesmâchoires, pétrissant de la mie de pain et tambourinantdes doigts par ennui. Tout à coup, à mon grand éton-nement, je tambourine la sanglante marche de la guil-lotine, oubliée depuis si longtemps !
— Et qu’arriva-t-il ?
Madame, ces gens ne se laissent pas troubler dansleur repas, et ne savent pas que d’autres gens quand ilsn’ont rien à manger se mettent tout à coup à tambou-riner de ces marches qu’on croyait tout à fait oubliées.
Est-ce un talent inné en moi que celui du tambour, oul’ai-je perfectionné de bonne heure? Bref, il est dans toutmon corps, dans tous mes membres, dans mes mains,dans mes pieds, et il se fait jour involontairement. J’étaisune fois assis à Berlin au cours du conseiller intimeSchmalz, homme qui a sauvé l’État par son livre sur ledanger des manteaux noirs et des manteaux ronges...Vous vous rappelez, madame, avoir lu dans Pausaniasqu’un complot aussi dangereux fut jadis découvert parles cris d’un âne; vous savez aussi parTite-Live, ou par lemanuel de Becker, que les oies ont sauvé le Capitole, etpar Salluste qu’une courtisane bavarde, madame Fulvia,éventa cette terrible conspiration de Catilina... Cepen-dant, pour revenir à mon susdit mouton, je suivais aucours du conseiller intime Schmalz des explications dudroit des nations, cela par une ennuyeuse après-midi del’été, et j’étais assis sur le banc, et j’entendais toujours