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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
méthode d’enseignement. On comprend très-bien l’his-toire de la prise de la Bastille, des Tuileries, etc., quandon sait ce que les tambours dirent en ces occasions.Dans notre compendium scolaire, on lit seulement :
« Leurs excellences les barons et comtes et mesdamesleurs épouses furent décapitées.
« Leurs altesses les ducs et princes et leurs altessesleurs épouses furent décapitées.
« Sa majesté le roi et la reine son épouse furent dé-capités. »
Mais lorsqu’on entend retentir le roulement de lasanglante marche de la guillotine, on comprend parfai-tement toutes ces choses, et l’on en sent les raisons.Madame, c’est une marche terrible. Elle me faisait fris-sonner jusqu’à la moelle des os, lorsque je l’entendais,et je fus très-satisfait lorsque je l’oubliai. On oublie ceschoses-là en vieillissant. Les jeunes gens ont maintenanttant de choses à retenir dans leurs têtes ! Whist, boston,blason, protocoles de la diète, dramaturgie, liturgie,danser, découper à table ! et vraiment j’aurais beaucoupde peine à retenir longtemps une mélodie. Mais pensezdonc, madame ! Un jour j’étais assis à table avec touteune ménagerie de comtes, de marquis, de princes, dechambellans, de gentilshommes de la chambre, d’échan-sons, de grands maîtres de la cour, d’ofliciers de boucheet de vénerie, comme se nomment tous ces domes-tiques de distinction, et leurs sous-domestiques s’em-pressaient derrière leurs chaises, et leur présentaient les