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1 (1861)
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et je laidais à rendre ses boutons luisants comme desmiroirs, et à blanchir son gilet avec de la craie; carM. Legrand voulait plaire. Et je le suivais au corpsde garde, à lappel, à la parade... Ce nétait alors quejoie et retentissement des armes... Les jours de fête sontpassés.

M. Legrand ne savait que des lambeaux dallemand,seulement les expressions principales : Du pain .. Unbaiser... Honneur... Mais il savait parfaitement se fairecomprendre sur sa caisse. Ainsi, quand je ne savais pasce que signifiait le mot liberté, il me tambourinait laMarseillaise, et je comprenais. Si jignorais la significa-tion du mot égalité, il me jouait la marche : Ça ira, çaira! les aristocrates à la lanterne! et je comprenais.Jignorais le mot sottise , il jouait la marche de Dessau,que nous autres Allemands, pendant la révolution, nousavons tambourinée en Champagne, et je comprenais.Il voulut un jour mexpliquer le mot Allemagne, et iljoua cette simple et primitive mélodie que lon joue, lesjours de foire, devant des chiens dansants, et qui retentitainsi : Dum, dum, dum 1 ! Je me fâchai ; mais je compriscependant.

11 menseigna de la même manière lhistoire moderne.Je ne comprenais pas, il est vrai, les mots quil medisait; mais comme il tambourinait toujours en parlant,je savais ce quil voulait dire. Au fond, cest la meilleure

4. Dumm, en allemand, signifie bile.