REISEBILDER.
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et je l’aidais à rendre ses boutons luisants comme desmiroirs, et à blanchir son gilet avec de la craie; carM. Legrand voulait plaire. — Et je le suivais au corpsde garde, à l’appel, à la parade... Ce n’était alors quejoie et retentissement des armes... Les jours de fête sontpassés.
M. Legrand ne savait que des lambeaux d’allemand,seulement les expressions principales : — Du pain .. Unbaiser... Honneur... Mais il savait parfaitement se fairecomprendre sur sa caisse. Ainsi, quand je ne savais pasce que signifiait le mot liberté, il me tambourinait laMarseillaise, et je comprenais. Si j’ignorais la significa-tion du mot égalité, il me jouait la marche : Ça ira, çaira! les aristocrates à la lanterne! et je comprenais.J’ignorais le mot sottise , il jouait la marche de Dessau,que nous autres Allemands, pendant la révolution, nousavons tambourinée en Champagne, et je comprenais.Il voulut un jour m’expliquer le mot Allemagne, et iljoua cette simple et primitive mélodie que l’on joue, lesjours de foire, devant des chiens dansants, et qui retentitainsi : Dum, dum, dum 1 ! Je me fâchai ; mais je compriscependant.
11 m’enseigna de la même manière l’histoire moderne.Je ne comprenais pas, il est vrai, les mots qu’il medisait; mais comme il tambourinait toujours en parlant,je savais ce qu’il voulait dire. Au fond, c’est la meilleure
4. Dumm, en allemand, signifie bile.