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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

quelques étoiles brillaient parcimonieusement, et en-core tombèrent-elles sur la terre, comme des feuillesjaunies dans lautomne; peu à peu tous les hommesdisparaissaient; moi, pauvre enfant, jerrais de côté etd'aufre avec inquiétude. Je marrêtai enfin près dunemétairie, et je vis un homme qui remuait la terre avecune pelle, et auprès de lui une laide femme qui portaitdans son tablier quelque chose de semblable à une têtedhomme coupée. Cétait la lune; elle la plaça avec soindans la fosse ouverte, et derrière moi jentendis le vieilinvalide qui sanglotait et qui épelait ces mots : « Lélec-teur remercie ses sujets. »

Lorsque je me réveillai, le soleil reparaissait commedordinaire sur la fenêtre, dans la rue on entendait lestambours, et lorsque jentrai dans la chambre de monpère pouf lui donner le bonjour, je le trouvai en. man-teau à poudrer, et jentendis son perruquier qui lui disaitque ce matin même on devait prêter serment au nouveaugrand-duc Joachim , dans la maison de ville; que celui-ci était de la meilleure famille, quil avait épousé lasœur de lempereur Napoléon; quil avait vraimentbonne tournure avec ses belles boucles de cheveuxnoirs, quil ferait bientôt son entrée et plairait certaine-ment à toutes les femmes. Pendant ce temps le tambourse faisait toujours entendre dans rue; je sortis devantla porte de la maison, et je vis la marche des troupesfrançaises, ce joyeux peuple de la gloire qui traversa lemonde en chantant et en faisant sonner sa musique, les