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1 (1861)
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173
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RE1SEBILDER.

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visages graves et sereins des grenadiers, les bonnetsdours, les cocardes tricolores, les baïonnettes étince-lantes, les voltigeurs pleins de jovialité et de pointdhonneur, et le grand et immense tambour-major toutbrodé dargent qui savait lancer sa canne à pommedorée jusauau premier étage, et ses regards jusquausecond aux jeunes filles qui regardaient par les croisées.Je me réjouis de voir que nous aurions des soldatslogés à la maison (ce qui ne réjouissait pas ma mère),et je courus à la place du marché. Elle avait un aspecttout différent. Il semblait que lunivers eût été badi-geonné à neuf. Un nouvel écusson était appendu à lamaison de ville, le balcon était recouvert de draperiesde velours brodé, des grenadiers français montaient lagarde, messieurs les vieux conseillers avaient revêtudes visages réintégrés et leurs babils des dimanches; ilsse regardaient à la française et se disaient : bonjour! Detoutes les fenêtres regardaient les dames; des bourgeoiscurieux et des soldats bien luisants couvraient la place;et moi, ainsi que dautres enfants nous grimpâmes surle grand cheval de lélecteur pour regarder à notre aisetoute cette foule tumultueuse du marché.

Pierre, le fils du voisin, et le long Kurz faillirent secasser le cou dans cette circonstance, et ceût été unebonne affaire; car lun senfuit plus tard de la maisonde ses parents, sen alla avec les soldats, déserta, et futfusillé à Mayence. Lautre fit des découvertes géogra-phiques dans les poches dautrui, fut nommé en cette

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