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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

ment. La nuit ils mettaient un bonnet de coton par-dessus et dormaient tranquillement, et tranquillementà leurs pieds dormaient les peuples; et quand ceux-ci se réveillaient le matin, ils disaient : Bonjour !père. Et les princes répondaient: Bonjour! chersenfants.

Mais tout à coup les choses changèrent. Un matin, àDusseldorf, lorsque nous nous réveillâmes, et que nousvoulûmes dire : Bonjour, père ! le père était parti, etdans toute la ville régnait une sourde stupéfaction.Tout le monde avait une mine funèbre, et les gens senallaient silencieusement sur le marché, et y lisaient unlong papier, affiché sur la porte de la maison de ville.Le temps était sombre, et cependant le mince tailleurKilian portait sa veslfe de nankin, quon ne lui voyaitjamais quau logis, et ses bas de laine bleue tombaientsur ses talons, de manière à laisser passer tristementses petites jambes nues; et ses lèvres minces trem-blaient, tandis quil lisait le papier affiché sur cetteporte. Un vieil invalide du Palatinat lisait à peu près àhaute voix, et, à chaque mot, une larme bien claire dé-coulait sur sa blanche et loyale moustache. Jétais prèsde lui et je pleurais avec lui, et je lui demandai pour-quoi nous pleurions. Il me répondit: Lélecteurremercie ses sujets de leur loyal attachement pour lui.Puis il continua de lire, et à ces mots : « et il les dégagede leur serment de fidélité », il se mit à pleurer encoreplus fort. Cesi, une chose inexprimable, que de voir