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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
donné beaucoup de renseignements sur mes ancêtres,et je sais aujourd’hui positivement que je suis sorti dela tête de Bramait, et non des cors de ses pieds; je pré-sume môme que le Mahabarata tout entier, avec sesdeux cent mille vers, n’est qu’un amoureux poulet allé-gorique que mon millième aïeul a écrit à ma millièmeaïeule... Oh! ils s’aimaient beaucoup, leurs âmes sedonnaient des baisers, ils se couvraient de baisers avecles yeux, ils n’étaient à deux qu’un seul baiser...
Un rossignol enchanté est perché sur un rouge arbrede corail dans le silencieux Océan, et chante une chan-son sur l’amour de mes aïeux ; les perles regardent dufond de leurs coquilles, les merveilleuses fleurs marinesfrissonnent de tendresse , les prudents limaçons, avecleur petite tour de porcelaine sur le dos, arrivent enrampant, les jaunes étoiles de mer et les mollusquesdrprés s’agitent et s’étendent, et tout cela fourmille,remue et écoute...
Cependant, madame, ce chant de rossignol est beau-coup trop long pour le rapporter ici : il est aussi étenduque le monde lui-même; la seule dédicace à Anangas,dieu de l’amour, est aussi longue que tous les romansde Walter Scott ensemble, et c’est à cela que faitallusion ce passage d’Aristophane, qui se traduit enallemand :
«Tiotio, tiotio, tiotinx,
Totototo, totototo, tototinx. »
— Traduction de Foss. —