Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
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Madame, je vous ai trompé ; je ne suis point le comtedu Gange. Jamais de ma vie je nai vu le fleuve sacré,jamais les fleurs de lotus qui se mirent dans ses flotspieux. Jamais je nai rêvé étendu sous les palmiers delInde, jamais je ne me suis prosterné en prière devantle dieu de Jagernaut, dont les diamants sont si respec-tables. Jai été aussi peu dans lInde que le karrickindien que jai mangé hier. Mais je suis originaire delHindoustan, et cest pourquoi je me sens comme chezmoi dans les immenses forêts mélodieuses de Valmiki;les souffrances héroïques du divin Ramo remuent moncœur comme une douleur connue; dans les chants deKalidasa sépanouissent pour moi les plus doux souve-nirs; et, il y a quelques années, quand une excellentedame me montra à Berlin les charmants dessins quelleavait rapportés de lInde, ces figures délicatement peinteset si saintement calmes me parurent si connues, quecétait comme si je considérais la suite des portraits dema propre famille.

Franz Bopp, madame (vous avez sans doute lu sonNalus et son système de conjugaisons du sanscrit), ma