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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

et lui reprochèrent de irop s’étendre, de se perdre dansles détails, de ne composer de grandes figures que parla réunion d’une infinité de petits traits, et d’avoir be-soin d’une foule d’accessoires pour produire les grandseffets... Mais, pour dire la vérité, il ressemblait à unmillionnaire qui aurait toute sa fortune en petite mon-naie et serait obligé de se faire suivre par trois ou quatrevoitures de sous et de centimes quand il aurait à payerde grosses sommes. Et cependant, à ceux qui voudraientse plaindre de ce procédé insolite et de l’ennui de ra-masser et de compter tant de pièces, il pourrait ré-pondre : qu’après tout, il paie toujours la somme exi-gée , et qu’il est au fond aussi solvable et tout aussi ri-n che qu’un autre qui n’aurait que de purs lingots d’or;

) qu’il a même l’avantage de la facilité dans l’échange,puisque cet autre ne saurait que faire de ses lingots augrand marché aux légumes, où ils n’ont aucun cours,tandis que toutes les fruitières prendront des deux mainsquand on leur offrira des sous et des centimes. Aujour-d’hui, celle richesse populaire du poète anglais est finie,et lui dont la monnaie était si courante qu’elle était re-çue avec un égal intérêt par la duchesse et par la ra-• vaudeuse, il est présentement devenu le pauvre WalterScott. Son destin rappelle la tradition des fées de nosmontagnes, bienfaisantes avec malice, qui donnent auxpauvres gens des espèces qui demeurent brillantes etprofitables tant qu’on les emploie bien, ruais qui sechangent dans leurs mains en une vaine poussière des