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1 (1861)
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songe à la vieille et charmante légende du jeune pê-cheur qui avait épié au bord de la mer la ronde noc-turne des nixes, et qui plus tard parcourait le mondeentier avec son violon, et mettait partout les hommesen extase, en leur jouant la ravissante mélodie de lavalse des ondines.

Ce qui offre un charme particulier, c’est de croiserautour de l’île. Mais il faut que le temps soit beau, queles nuages en défilant prennent des formes fantas-tiques, et que l’on se trouve soi-même étendu sur ledos dans l’embarcation, pour contempler le ciel à sonaise; il faut aussi, si c’est possible, que l’on ait un peude ciel dans le cœur. Alors les vagues murmurent à nosoreilles toutes sortes de refrains étranges, toutes sortesde mystérieuses paroles qui éveillent des souvenirschéris, toutes sortes de noms qui résonnent dans lamecomme de doux pressentiments— « Evelina ! » Puis desnavires viennent à passer, et les voyageurs se saluentamicalement, comme s’ils devaient se revoir tous lesjours. Seulement la nuit, il y a quelque chose d’inquié-tant à rencontrer en mer des vaisseaux étrangers; l’ons’imagine alors voir passer là en silence ses meilleursamis, dont on a été depuis longtemps séparé, et quemaintenant, vous semble-t-il, l’on perd à tout jamais.

J’aime la mer comme mon âme.

Souvent il me parait même que la mer est véritable-ment mon âme. En effet, ainsi que dans la mer il y ades plantes aquatiques cachées, qui ne se montrent à