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1 (1861)
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CECVRES DE HENRI HEINE.

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aux Esprits des eaux qui lui sont soumis, et qu’au mo-ment où la tempête devenait trop forte et le naufrageimminent, il se plaçait sur le timon du gouvernail, et semontrant, alors pour la première fois aux yeux de l’équi-page , il disparaissait en brisant en mille éclats le gou-vernail; majs ceux qui le voyaient dans ce moment ter-rible, ajouta le pilote, trouvaient aussitôt la mort dansles flots.

Le capitaine du navire, qui avait écouté cette narra-tion, se prit à sourire malicieusement et d’un air plus finque jenel’en aurais cru capable d’après son visage rudeet hâlé, et il m’assura que la croyance au klabotermannavait été si forte en mer il y a cinquante ans, qu’alors,aux heures des repas, on mettait toujours à table uncouvert à son intention, qu’on allait jusqu’à faire sem-blant de lui servir de chaque mets ce qu’il y avait deplus succulent, et que, même sur quelques vaisseaux,pareille chose se pratiquait encore aujourd’hui.—

Je me promène souvent ici au bord de la mer, et jesonge à ces contes merveilleux, que les marins se trans-mettent d’âge en âge. Le plus effrayant de ces contesest sans doute l’histoire du Hollandais volant que l’onvoit passer pendant la tempête, cinglant à toutes voiles,et qui par moments met une chaloupe à l’eau, pourcharger les navires qu’il rencontre de toutes sortes delettres, qu’ensuite on ne sait faire parvenir en mainspropres, parce qu’elles sont adressées à des personnesmortes depuis bien longtemps. Quelquefois aussi je