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1 (1861)
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110
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

manière qu’une rusée maîtresse de maison laisse par-fois exposé, pendant son absence, le sucrier avec les pe-tits morceaux de sucre soigneusement comptés, afind’éprouver l’abstinence de la servante.

Dans ce moment tous les baigneurs ont déjà désertél’île. Le bruit de la mer bourdonne sans cesse dans niesoreilles; il souffle un vent de nord-est très-violent, etles sorcières méditent sans doute bien des tours de ma-lice. On se raconte ici de singulières légendes au sujetdes sorcières qui savent évoquer la tempête, et il lègneen général beaucoup de superstition sur ces côtes de lamer du Nord. Les marins prétendent que plusieurs îlessont sous la domination secrète de certaines sorcières,à la méchanceté desquelles il faut attribuer les nom-breux sinistres et revers qui arrivent aux vaisseaux na-vigateurs-dans ces parages. Lorsque, l’année dernière,je me trouvai en mer pendant quelque temps, le pilotéde notre bâtiment me raconta que les sorcières étaientsurtout puissantes dans l’île de Wight, et que, si un vais-seau voulait y passer pendant le jour, elles chercheraientà le retenir jusqu’au soir, pour le faire chavirer sur lesdunes ou pour le jeter contre les récifs dans l'obscurité.Alors pendant la nuit, dit-il, on entend les sorcièrestraverser l’air en bruissant et en poussant des mugisse-ments autour du navire qui est ballotté d’une manière sieffroyable que le klabotermann lui-même ne peut qu’à