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1 (1861)
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îEISEBILPEIt.

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feu le conseiller de la cour Moritz, qui les avait lus clansle manuscrit de Goethe, et qui les communiqua dansson roman, de Philippe lleiser. Ce roman déjà complè-tement oublié, contenait l’histoire de l’auteur, ou plutôtl’histoire de quelques cent thalers que l’auteur n’avaitpas, et par le manque desquels sa vie entière ne devintqu’une suite de privations et de désenchantements. Ce-pendant les prétentions du malheureux n’étaient rienmoins qu’immodestes; par exemple, encore jeune hommeil avait le désir de se rendre à Weimar et de se faire ledomestique de l’auteur de Werther, à quelques condi-tions que ce fût, dans le seul but de vivre dans le voisi-nage de celui qui, d’entre tous les hommes sur terre,avait produit sur son âme la plus forte impression.

Chose étonnante! déjà à cette époque, Goethe excitaitun pareil enthousiasme, et pourtant ce n’est que notretroisième génération qui se trouve en état de compren-dre sa véritable grandeur.

Mais cette génération a produit en même temps deshommes du cœur desquels ne suinte que de l’eau pour-rie, et qui par conséquent voudraient aussi obstruerdans le cœur d’autrui toutes les sources jaillissantesd’un sang frais et juvénile; des hommes aux sensationset aux jouissances éteintes, qui calomnient la vie etcherchent à dégoûter les autres de toutes les magnifi-cences de ce monde. Dans ce but, ils dépeignent lesplaisirs terrestres comme des appâts étalés par l’espritdu mal pour nous induire en tentation de la mêmei. 7