REISEBILDER.
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illégitimes, passent dans le Jungfernstreg, et se réjouis-sent comme s’ils devaient retrouver aujourd’hui unpère; îe mendiant, au coin du pont, a l’air aussi ravique s’il avait gagné le gros lot; il n’est pas jusqu’aucourtier mulâtre, dont la pendable figure se promènelà-bas, qui ne soit coloré par les rayons les plus tolé-rants du soleil... Il faut que je sorte hors des portes.
C’est le premier mai, et je pense à toi, belle lise (oubien Agnès, car ce nom est celui qui te plaît le plus),et je pense à toi, et je voudrais bien voir encore avecquel éclat scintillant tu descends de la montagne ; jevoudrais surtout être tout en bas de la vallée et terecevoir dans mes bras. —C’est un beau jour; partoutje vois la couleur verte, la couleur de l’espérance. Par-tout, comme de riantes merveilles, s’épanouissent lesfleurs, et mon cœur veut s’épanouir en même temps.Ce cœur est aussi une fleur, une fleur bien singulière. Cen’est pas une modeste violette, pas une rose riante, pasun lis pur, pas une de ces fleurettes qui réjouissent parleur gentillesse le cœur des jeunes filles, et se laissentplacer complaisamment contre le sein. Ce cœur res-semble plutôt à cette grosse et fabuleuse fleur des fo-rêts du Brésil, qui, selon la tradition, ne fleurit qu’unefois tous les cent ans. Je me souviens d’avoir vu dansmon enfance une semblable fleur. Nous entendîmesdans la nuit comme un coup de pistolet, et le lende-main matin les enfants du voisin me racontèrent quec’était leur aloès qui s’était soudainement épanoui avec