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1 (1861)
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ŒUVRES I) E HENRI HEINE.

deux catégories : je partage tout eu ce qui se mange, etce qui ne se mange pas.

Cependant la mystérieuse nature des fleurs n’était rienmoins que lettre close pour la dame plus âgée, et elledit involontairement qu’elle avait grand plaisir à voir desfleurs sur pied, dans un jardin ou en pot; mais un senti-ment de peine inquiétant lui faisait tressaillir le cœur àla vue d’une fleur cueillie, parce qu’alors c’était vérita-blement un cadavre, et qu’un tel cadavre de fleur sem-blait pencher tristement sa petite tète flétrie comme unenfant mort. La dame fut presque effrayée par un tristesouvenir que lui rappelait cette remarque, et je me fisun devoir de détruire cet etïet avec quelques vers de Vol-taire. Chose étonnante, que quelques mots français nouspuissent remettre tout de suite dans une situation d’hu-meur convenable ! Nous rîmes, des mains furent baisées,on rendit des sourires pleins de bienveillance, les che-vaux hennirent, et la voiture cahota lentement et pesam-ment sur la descente de la montagne.

Les étudiants firent alors leurs préparatifs de départ.Les havre-sacs furent bouclés; les comptes, qui paru-rent, contre toute attente , fort modérés, furent soldés ;les servantes hospitalières apprêtèrent, comme d’usage,les bouquets de fleurs du Brocken, aidèrent à les fixersur les bdnnets, et en furent récompensées par quelquesbaisers ou par quelques bons groschen ; et nous descen-dîmes tous ensuite la montagne, les uns, parmi lesquelsle Suisse et le Prussien de Greifswald, prenant le chemin