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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
receveurs de l’accise avec leurs nobles sentiments, lesgarçons de comptoir et leurs pathétiques épanchementsde cœur, les vieux teutomanes avec leurs lieux communsdu gymnase patriotique, les maîtres d’école de Berlinavec leurs phrases d’extase avortées, etc.; M. Pépinveut se montrer écrivain au moins une fois en sa vie. Icion décrit la majestueuse magnificence du lever du so-leil ; là on se plaint du mauvais temps, des désappoin-tements,, du brouillard qui voile toute la vue. — Montéavec ivresse et descendu ivre ! est un bon mot perma-nent que se repassent ici des centaines descripteurs.
Enfin, le livre entier exhale une odeur de fromage,de bière et de tabac; on croit lire un roman deM. Clauren.
Pendant que je buvais ainsi mon café, et que je feuil-letais dans l’album du Brocken, le Suisse entra, lesjoues toutes rouges, et nous raconta, bouffi d’enthou-siasme, le sublime aspect dont il avait joui sur la tour,quand la pure et calme lumière du soleil, symbole de lavérité, avait combattu avec les vapeurs de la nuit. 11avait cru voir, comme un combat d’esprits, où des géantscourroucés avaient tiré leurs longues épées, où s’élan-çaient des chevaliers bardés de fer sur des chevaux im-pétueux, des chars de bataille, des bannières flottantes,des animaux fabuleux qui surgissaient au milieu de cechaos, jusqu’à ce qu’enfin tout eût tournoyé dans la ba-garre la plus fantasque, et, devenant de plus en pluspâle, se fût évanoui complètement. Cette émeute d’élé-