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Plus doucement encore je voudrais murmurerDans ses petites oreilles blanches :
« Pense en songe que nous nous aimons encore,
« Et que nous ne nous sommes jamais perdus. »
Cependant j’éprouvai un sentiment non moins vif pourun déjeuner, et, après avoir dit quelques politesses àmes dames, je me hâtai de redescendre dans la sallepour boire le café. C’était bien nécessaire, car mon es-tomac ne ressemblait pas mal à l’église vide de Saint-Étienne à Goslar. Mais, avec le breuvage d’Arabie,l’Orient courut avec sa chaleur par mes veines, ses par-fums m’enveloppèrent, les doux chants de Bulbul reten-tirent, les étudiants se métamorphosèrent en chameaux,les servantes du Brocken, avec leurs regards à laCongrève, devinrent des houris, les nez des philistinsdes minarets, etc., etc.
Le livre placé auprès de moi n’était pourtant pas leCoran. Il est vrai qu’il contient assez de sottises. C’étaitl’album du Brocken, où tous les voyageurs qui ont gravila montagne inscrivent leurs noms, que la plupart ac-compagnent encore de quelques réflexions, à défautdesquelles ils consignent leurs sentiments respectifs.Beaucoup même s’expriment en vers. C’est dans ce livrequ’on voit ce qui arrive, quand le grand troupeau desphilistins a pris dans les occasions d’usage, comme icisur le Brocken, le parti de se faire poète. Le palais duprince de Pallagonie ne contient pas d’aussi grotesquesabsurdités que ce livre, où brillent surtout messieurs les
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