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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Teutobourg par des vers rocailleux ou ilasques, et quece serait une finesse patriotique de ne prêter a Varuset aux Romains que de véritables sottises. J’espère quecet artifice du métier lui aura réussi comme aux autrespoètes de Berlin, de manière à produire l’illusion laplus effrayante.

Le bruit et l’intimité croissaient de plus en plus à notretable ; le vin chassa la bière, les bols de punch fumè-rent; on but, on trinqua, on chanta. Le grand chant desétudiants et les poésies de Muller, Ruckert, Uhland etautres, retentirent avec de belles mélodies de Methfes-sel. Mais ce qui fit le plus d’effet ce furent les paroles deArndt : » Le dieu qui créa le fer n’a pas voulu d’escla-ves ! » Des hurlements se faisaient entendre égalementau dehors, comme si la vieille montagne eût fait aussi sapartie, et quelques amis chancelants prétendaient mêmequ’elle agitait joyeusement sa tête chauve, et que notresalle en était ébranlée. Les bouteilles se vidèrent et lestêtes se remplirent. L’un hennissait, l’autre roucoulait,un troisième déclamait des vers tragiques, un quatrièmeparlait latin, un cinquième prêchait la tempérance; unsixième se posa comme en chaire, et commençaainsi sa leçon : « Messieurs, la terre est un cylindre,lés hommes sont de petites pointes répandues à la sur-face, en apparence sans dessein ; mais le cylindre tourne,les petites pointes sont heurtées çà et là, et rendentune vibration sonore, les unes souvent, d’autres rare-ment; cela produit une musique merveilleuse, compli-