Druckschrift 
1 (1861)
Entstehung
Seite
73
Einzelbild herunterladen
 

cette observation. Il assura que la simplicité et la forceallemandes n’étaient pas encore éteintes, se frappa,à s’ébranler, sur la poitrine, et vida là-dessus uneénorme cruche de bière blanche. Le Suisse disait :«Allons! allons! » mais plus il prenait le ton conci-liant, plus l’homme de Greifswald s’échauffait. Celui-ciappartenait encore à ces temps patriotiques où la ver-mine vivait à souhait, et où les coiffeurs couraientrisque do mourir de faim : il portait une longue cheve-lure tombante, la barrette d’un écuyer du moyen âge,un habit noir teutonique, une chemise sale qui servaitégalement de gilet, et par-dessus un médaillon conte-nant quelques crins blancs du cheval de Blücher. C’étaitun niais de grandeur naturelle. J’aime assez me don-ner du mouvement à souper ; je me laissai donc enga-ger par lui dans une controverse patriotique. Il pensaitque l’Allemagne devait être divisée en trente-trois gauenou vallées. Je soutins, moi, qu’il en fallait quarante-huit, parce qu’on pourrait alors écrire un manuel plussystématique sur l’Allemagne, et qu’il était bien né-cessaire de mettre d’accord la vie pratique avec lascience. Mon ami de Greifswald était aussi un bardeallemand, et il me confia qu’il travaillait à un poèmehéroïque national à la louange d’Arminius, et de la ba-taille de Teutobourg. Je lui donnai plus d’un bon con-seil pour la confection de cette épopée. Je lui fis remar-quer qu’il pouvait donner une idée très-onomatopéiquedes marécages et des chemins raboteux de la forêt de

i>

l.