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1 (1861)
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28 ŒUVRES DE HENRI HEINE.

murmure confus; on se frotte continuellement à despoutres et à des cordes en mouvement pour reporter enhaut les tonnes remplies de minerai ou de l’eau quisuinte dans la mine. On arrive, de temps en temps, àdes allées transversales nommées galeries, où l’on voitcroître le métal, où le mineur solitaire reste tout lejour, occupé à détacher avec son marteau les morceauxde métal de la galerie. Je ne suis pas descendu jusqu’àla dernière profondeur, où l’on peut déjà, au dire dequelques-uns, entendre les antipodes crier en Amé-rique : Hourrah, Lafaijette! Entre nous soit dit, jetrouvai déjà assez profond l’endroit jusqu’où j’étaisdescendu. Ce n’était que murmure et bourdonnementcontinuels, jeu mystérieux de machines, ruissellementde sources souterraines, bouffées de vapeurs terrestres,et la lumière de notre lampe tremblotait, de plus enplus pâle, dans la nuit solitaire. En vérité, c’était étour-dissant ; la respiration me devenait difficile, et c’estavec peine que je me tenais aux échelons glissants. Je.n’ai pas éprouvé d’accès d’inquiétude, mais, choseétrange, à cette profondeur, je me rappelai que, l’an-née précédente , à peu près à la même époque , j’avaisvu une tempête sur la mer du Nord , et je pensais en cemoment qu’il était bien doux de sentir le vaisseau bal-lotté çà et là, d’entendre les vents exécuter leur fanfarede trompettes, et, au milieu de ce bruit, le tapageamusant des matelots, et tout cela fraîchement baignépar l’air délicieux et libre du ciel. Ah! oui, de l’air!