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1 (1861)
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

vert l’esprit d’une grise toile d’araignée; mon cœurétait comme pressé entre les paragraphes de fer deségoïstes systèmes de jurisprudence. Je n’entendais en-core à mes oreilles que Tribonien, Justinien, Hermogé-nien et Bootien... La route commençait à s’animer. Leslaitières passaient, et puis les âniers avec leurs élèvesgris. Derrière Weend, je rencontrai Berger et Doris.Il ne s’agit pas là du couple idyllique chanté par Ges-sner, mais des deux huissiers officiels de l’université,qui doivent avoir l’œil à ce qu’aucun duel d’étudiantsn’ait lieu à Bovden, et que de nouvelles idées, qui au-raient encore à faire quarantaine pendant quelques lus-tres aux portes deGœttingue, n’y soient point introduitesen contrebande par quelque jeune érudit non patenté.Berger me salua d’une façon toute collégiale; car il estécrivain aussi, et il a souvent parlé de moi dans sesécrits semestriels, la nomenclature des étudiants, demême qu’il m’a souvent cité, et quand il ne me trouvaitpas chez moi, il était toujours assez bon pour écrire avecde la craie la citation sur ma porte. De temps à autrepassait un char traîné par un cheval unique, avec unepile d’étudiants qui partaient pour les vacances ou pourtoujours. Il y a, dans une pareille université, un croise-ment continuel d’arrivées et de départs. On y trouve tousles trois ans une nouvelle génération d’étudiants. C’estun éternel fleuve d’hommes, où chaque vague semes-trielle chasse l’autre. Les vieux professeurs seuls, dansce mouvement général, restent solides et inébranlables