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tendent que la ville a été bâtie à l’époque des migrationsdes peuples, et que chaque tribu allemande y a laisséalors un exemplaire brut de ses membres, et que c’estde là que descendent tous les Vandales, Frisons,Souabes, Teutons, Saxons, Thuringiens, etc., etc.,qu’on voit encore aujourd’hui, par hordes et distinguéspar la couleur de leurs bonnets et de leurs garnituresde pipe, flâner dans la rue Weender-Strausse à Gœt-tingue, se battre journellement entre eux sur les san-glants champs de bataille de la Rasenmühle, du Rits-chenbrug et de Bovden, races qui ont conservé lesmœurs et les usages du temps de la grande migrationdes peuples, et sont gouvernées en partie par leurs ducs,qu’ils appellent coqs, en partie par leur code gothique,qu’on nomme Comment, et qui mérite une place inlegibus barbarorum.
En général, les habitants de Gœttingue sont partagésen étudiants, en professeurs, en philistins et en bétail,quatre états entre lesquels la ligne de démarcation n’estpourtant rien moins que tranchée. Celui du bétail est leplus considérable. Rapporter ici les noms de tous desétudiants et de tous les professeurs ordinaires et extaor-dinaires serait trop long; d’ailleurs, je ne me rappellepas en ce moment les noms de tous les étudiants, etparmi les professeurs il en est qui n’ont pas de nom dutout. La quantité de philistins de Goettingue doit êtretrès-grande, comme le sable, ou, pour mieux dire,comme la boue aux bords de la mer. En vérité, quand
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