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PRÉFACE.
effrayer mes ennemis dans la bataille. Au fond je suis douxcomme un agneau. Rassurez-vous donc, et donnez-moi lamain. Mes armes aussi, vous pouvez les toucher, même lecarquois et les flèches, car j’en ai émoussé la pointe, ainsi quenous avons coutume de le faire, nous autres sauvages, quandnous approchons d’un lieu consacré. Entre nous soit dit, cesflèches n’étaient pas seulement acérées, mais bien empoison-nées aussi. Aujourd’hui elles sont tout à fait bénignes et* inoffensives, et vous pouvez vous amuser à en regarder lesplumes diaprées; vos enfants pourraient même s’en servir enguise de jouet.
Je vais quitter le langage tatoué et m’exprimer en français.
Le style, l’enchaînement des pensées, les transitions, lesbrusques saillies, les étrangetés d’expression, bref, tout lecaractère de l’original allemand a été, autant que possible,reproduit mot à mot dans cette traduction française desReisebilder. Le goût, l’élégance, l’agrément, la grâce, ont étéimpitoyablement sacrifiés partout à la fidélité littérale. C’estmaintenant un livre allemand en langue française, lequellivre n’a pas la prétention de plaire au public français, maisbien de faire connaître à ce public une originalité étrangère.Enfin, je veux instruire, sinon amuser. C’est de cette manièreque nous avons, nous autres Allemands, traduit les écrivainsétrangers, et cela nous a profité : nous y avons gagné despoints de vue, des formes de mots et des tours de langagenouveaux. Une semblable acquisition ne saurait vous nuire.
Après m’être proposé, avant tout, de vous faire faire con-naissance avec le caractère de ce livre exotique, il m’impor-tait moins de vous l’offrir tout entier, d’abord parce que plu-sieurs passages, ne reposant que sur des allusions à des