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1 (1861)
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XII
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XII

HENRI HEINE.

cher corps, un être purement abstrait, je men aille errerla-haut comme un rien bienheureux, clans le royaume delumière, dans ces froids espaces du ciel les éternitéssilencieuses me regardent en bâillant ; elles se traînent,pleines dennui, et font un claquement insipide avec leurspantoufles de plomb 1 Oh I cela est effroyable ! Oh ! reste,avec moi, mon corps bien-aimé! bLe corps dit à la pauvre âme : « Oh! consolc-toi, netafflige pas ainsi. Nous devons supporter en paix le sortque nous fait le destin. Jétais la mèche de la lampe, ilfaut bien que je me consume : toi, lesprit, tu seras choisil'a-haut pour briller, jolie petite étoile, de la clarté la pluspure. Je ne suis quune guenille, moi. Je ne suis quematière : vaine fusée, il faut que je mévanouisse et que jeredevienne ce que jai été un peu de cendre. Adieudonc et console-toi. Peut-être, dailleurs, samuse-t-ondans ce ciel beaucoup plus que lu ne penses. Si tu ren-contres la Grande-Ourse à la voûte des astres, salue-lamille fais de ma part. »

Théophile GAUTIER.