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HENRI HEINE.
et la bar<1ane ont poussé entre les dalles disjointes de laterrasse; les charmilles non élaguées vous retiennent aupassage par leurs branches et tous supplient de ne pas allerplus loin. Les roses semblent saigner au milieu des ronces,et les gouttes de pluie suspendues à leurs petales brillentcomme des larmes; les fleurs, étouffées par les mauvaisesherbes, ont des parfums étranges gui asphyxient et don-nent le vertige. Dans le bassin, l’eau noire croupit sousles lentilles vertes, et la Naïade tronquée est camardecomme le masque pâle de la Mort. Le crapaud sautèle àtravers les sentiers et va conter votre venue à sa tante lavipère. Cependant le vent soupire ses élégies et le rossi-gnol chante ses peines d’amours perdues; à la fenêtre dumanoir délabré apparaît une jeune fille, blonde et fraîche,serrée dans sa robe de satin, pareille à ces jolies Néerlan-daises que Gaspard Nestcher aime à peindre dans un cadrede pierre ou de vigne vierge ; elle est charmante, mais ellen’a pas de cœur, et dans son sein se condense un petitglacier. Jamais elle n’aura de torts envers vous; mais, sivous avez de l’âme et des nerfs, mieux vaudrait être éprisde ces femmes qui portent le vice peint en rouge sur lajoue. Elle vous fera mourir avec mille supplices innocem-ment diaboliques, et au jour du jugement vous ne vou-drez pas ressusciter, de peur de la revoir !
Heine a cela de commun avec Gœlhe, qu’il fait desfemmes vraies, — une touche lui suffit pour qu’une figurese dessine vivante et complète. Quel charme décevant,quelle langueur perfide, quel rire d’hycne, quelles larmesde crocodile, quelle froideur brûlante, quelle flamme gla-cée, quelle coquetterie féline 1 Jamais poète n’a mieux fait