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1 (1861)
Entstehung
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IX
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HENRI HEINE.

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IX

Heine. Nous ne savons pas lallemand, il est vrai, etnavons pu ladmirer quà travers la traduction; mais quelhomme doit être celui qui, dénué du rhythme, de la rime,de lheureux arrangement des mots, de tout ce qui fait lestyle enlin, produit encore des effets si magiques!Heineest le plus grand lyrique de lAllemagne, et se place natu-rellement 'a côté de Gœthe et de Schiller; tel il nous appa-raît, bien que la poésie traduite en prose ne soit que duclair de lune empaillé, comme il le dit lui-même.

Jamais nature ne fut composée déléments plus diversque celle de Henri Heine;'il était à la fois gai et triste,sceptique et croyant, tendre et cruel, sentimental et persi-fleur, classique et romantique, Allemand et Français, dé-licat et cynique, enthousiaste et plein de sang-froid; tout,excepté ennuyeux. A la plastique grecque la plus pure iljoignait le sens moderne le plus exquis ; cétait vraimentlEuphorion, enfant de Faust et de la belle Hélène.

Ce nest pas ici la place de faire une appréciation deson œuvre, qui parlera delle-même, mais nous pouvonsdu moins en rendre limpression. Quand on ouvre un vo-lume de Heine, il vous semble entrer dans un de ces jar-dins quil aime à décrire ; les sphinx de marbre de lesca-lier aiguisent leurs griffes sur langle des piédestaux, etvous regardent de leurs yeux blancs avec une intensitéinquiétante; des frissons courent sur leur croupe léonine,leur gorge de femme palpite comme si un cœur battaitsous le contour rigide; les portes gémissent en tournantsur leurs gonds rouillés, et lon croit voir un pli de robedisparaître sous larceau, comme si lâme de la solitudesenfuyait, surprise par \otre approche. La mousse, lortie