HENRI HEINE.
( S,
«1*
Ùt®(|,
**«»
*fe (
«[fc
fc©a
Sfêftialan-f» i kIfpnii
i
tiv
am'r
.(nrt*
16|«*
ifné**
;
ipW#
■çpt*"'
è, 91 '
IX
Heine. — Nous ne savons pas l’allemand, il est vrai, etn’avons pu l’admirer qu’à travers la traduction; mais quelhomme doit être celui qui, dénué du rhythme, de la rime,de l’heureux arrangement des mots, de tout ce qui fait lestyle enlin, produit encore des effets si magiques! —Heineest le plus grand lyrique de l’Allemagne, et se place natu-rellement 'a côté de Gœthe et de Schiller; tel il nous appa-raît, bien que la poésie traduite en prose ne soit que duclair de lune empaillé, comme il le dit lui-même.
Jamais nature ne fut composée d’éléments plus diversque celle de Henri Heine;'il était à la fois gai et triste,sceptique et croyant, tendre et cruel, sentimental et persi-fleur, classique et romantique, Allemand et Français, dé-licat et cynique, enthousiaste et plein de sang-froid; tout,excepté ennuyeux. A la plastique grecque la plus pure iljoignait le sens moderne le plus exquis ; c’était vraimentl’Euphorion, enfant de Faust et de la belle Hélène.
Ce n’est pas ici la place de faire une appréciation deson œuvre, qui parlera d’elle-même, mais nous pouvonsdu moins en rendre l’impression. Quand on ouvre un vo-lume de Heine, il vous semble entrer dans un de ces jar-dins qu’il aime à décrire ; les sphinx de marbre de l’esca-lier aiguisent leurs griffes sur l’angle des piédestaux, etvous regardent de leurs yeux blancs avec une intensitéinquiétante; des frissons courent sur leur croupe léonine,leur gorge de femme palpite comme si un cœur battaitsous le contour rigide; les portes gémissent en tournantsur leurs gonds rouillés, et l’on croit voir un pli de robedisparaître sous l’arceau, comme si l’âme de la solitudes’enfuyait, surprise par \otre approche. La mousse, l’ortie