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1 (1861)
Entstehung
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II
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H HENRI HEINE.

lentourait, car un jour très-vif eût blessé son regardpresque éteint, je distinguai un fauteuil près de sa couchede grabataire et jy pris place. Le poète me tendit aveceffort une petite main douce, fluette, mate et blanchecomme une hostie, une main de malade soustraite a 1 in-fluence du grand air, et qui na rien touché, pas même laplume depuis des années; jamais les plus durs osselets dela mort ne furent gantés dune peau plus suave, plus onc-tueuse, plus satinée, plus polie. La lièvre à défaut de lavie y mettait quelque chaleur, et cependant a son contactjéprouvai un léger frisson comme si javais touché la maindun être nappartenant plus à la terre.

De lautre main, pour me voir, il avait soulevé la pau-pière paralysée de lœil qui, chez lui, conservait une per-ception confuse des objets et lui laissait encore devinerun rayon de soleil comme à travers une gaze noire. Aprèsquelques phrases échangées, quant il sut le motif de mavenue, il me dit : « Ne vous apitoyez pas trop sur moi ; lala vignette de la Revue des Deux Mondes, lon mereprésente émacié et penchant la tête comme un Christde Moralès, a déjà trop ému en ma faveur la sensibilitédes bonnes gens; je naime pas les portraits qui ressem-blent, je veux être peint en beau comme les jolies femmes.Vous mavez connu lorsque jétais jeune et florissant; sub-stituez mon ancienne image à cette piteuse effigie, s

En effet le Henri Heine à qui javais été présenté en183 ..., peu de temps après son arrivée à Paris, ne res-semblait guère à celui qui, alors, était étendu sous mesyeux, immobile comme un corps qui attend quon lecouche au cercueil.