HENRI HEINE
La dernière fois due .je vis Henri Heine c’était quelquesst mai nés avant sa mort; je devais écrire une courte noticepour la réimpression de ses oeuvres : il gisait sur le lit oùle retenait cette indisposition légère au dire des médecins,mais qui ne lui avait pas permis de se lever depuis huitans; on était toujours sûr de le trouver comme il le faisaitremarquer lui même, et cependant, péu a peu, la solitudes’agrandissait autour de lui; aussi disait-il à Berlioz quiétait allé lui rendre visite: « Vous venez me voir, vous!toujours original ! » Ce n’était pas qu’on l’aimât et qu’onl’admirât moins, mais la vie emporte malgré eux les cœursles plus fidèles; il n’y a que la mère où l’épouse quipuissent ne pas abandonner une si persistante agonie. Lesyeux humains ne sauraient, sans se détourner, contemplertrop longtemps le spectacle de la douleur. Les tressesmême s’en lassent, et les trois mille Océanides qui vinrentconsoler Prométhée sur sa croix du Caucase s’en retour-nèrent le soir.
Lorsque ma vue se fut accoutumée à la pénombre qui