LE LIVRE 1)E LAZARE.
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devins aveugle; elle suça de ses lèvres sauvages, ellesuça la moelle de mes reins.
Mon corps maintenant est un cadavre où l’esprit estemprisonné. Maintes fois il se sent étouffé, il se démène,il est fou de fureur, il crie, il blasphème !
Impuissantes imprécations ! ta malédiction la plus ter-rible ne tuera pas une mouche. Supporte ton sort etessaie de pleurnicher tout doucement et de prier.
ni
Comme elle rampe lentement, cette limace horribleappelée le temps! moi cependant, je reste là immobileà la même place.
Dans ma sombre cellule pas un rayon de soleil, pasune lueiir d’espérance; je le sais, c’est seulement pourla fosse du cimetière que je quitterai cette chambre fa-tale.
Peut-être suis-je mort depuis longtemps. Peut-êtrene sont-ce que des spectres, toutes ces fantaisies qui, lanuit, déroulent leur procession bigarrée dans mon cer-veau.
Ce pourraient bien être les ombres de toute la cliquedes dieux païens; ils choisissent volontiers pour y pren-dre leurs ébats le crâne d’un poète trépassé.
Et cette douce et folle orgie, cette bacchanale noc-
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