LE LIVRE DE LAZARE.
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Le jardin lui-même était comme un spectre vert quime regardait en ricanant ; il se moquait de moi d’un aircruel, et du sein des buissons d’ifs j’entendais s’exhalerun soupir, un gémissement, un râle de mort.
Au bout de l’allée s’élevait la terrasse sous laquelle,là-bas, tout au fond, les vagues de la Mer Baltique, àl’heure du flux, viennent se briser avec fracas.
De là, la vue s’étend au loin sur la mer. J’y restais sou-vent plongé dans de sauvages rêveries. La tempête étaitaussi dans mon cœur. Quels grondements ! quelles co-lères ! quelles écumes de rage !
Oui, c’étaient des grondements, c’étaient des colères,c’étaient des écumes de rage au fond de mon cœur;mais tout cela était impuissant comme les vagues elles-mêmes, qui venaient, malgré leurs fières allures, se bri-ser en gémissant sur le dur rocher.
Je voyais avec envie passer les navires voguant versles contrées heureuses; mais le château ténébreux metenait enchaîné dans ses liens maudits.