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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

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sphinx, et jamais on n’y voyait une goutte d’eau, quoi-que mainte larme y eût coulé.

Jardin maudit! Ah ! il n’y avait pas là une seule placeoù mon cœur n’eût été torturé, où mes yeux n’eussentversé des pleurs.

Non, en vérité, il n’y avait pas un seul arbre à l’ombreduquel je n’eusse essuyé des outrages, tantôt d’unebouche délicate et tantôt d’une bouche grossière.

Le crapaud, aux aguets dans l’herbe, a tout raconté àla taupe, qui aussitôt a rapporté à sa tante la vipère cequ’elle venait d’apprendre.

La vipère l’a dit à sa belle-sœur la grenouille, et c’estainsi que toute la sale engeance a pu savoir immédia-tement les affronts que j’avais reçus.

Les roses du jardin étaient belles, et il y avait dansleurs parfums des séductions charmantes ; mais elles seflétrirent vite, et elles moururent rongées par un poisonétrange.

Depuis lors, une maladie mortelle a frappé aussi lerossignol, le noble chanteur de la nuit, qui chantait son >amour à ces roses. Je crois qu’il a pris du même poison.

Jardin maudit ! Oui, c’était comme si une malédictionpesait sur lui. Maintes fois, en plein soleil, j’avais peurde voir apparaître des fantômes.