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Poëmes et légendes
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ROMANCERO.

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a O belle Sulamith! l’empire est à moi, les pays mesont soumis, je suis roi de Juda et d’Israël, — mais si tune m’aimes pas, je dépéris et je meurs. »

LES FIANCÉES DE DIEU.

Lorsqu’on passe près du vieux cloître à minuit, on envoit les fenêtres vivement éclairées. C’est l’heure ou lesspectres qui le hantent font leur promenade nocturne.

Lugubre procession d’Ursulines mortes ! de jeunes etjolis visages, qui regardent avec des yeux pétillants àtravers les capuchons de leurs longs manteaux de bure .

Elles portent en main des cierges, qui brillent d’unéclat sinistre et rouge comme du sang; des chuchote-ments et des gémissements étranges résonnent sous lesvoûtes gothiques des corridors.

Le cortège se dirige vers l’église, et là les nonnes seplacent dans les stalles de buis du chœur, et entonnentleurs cantiques —

Pieuses litanies aux graves accents, mais aux paroles'badines et dévotement dévergondées; ce sont depauvres âmes en peine, qui frappent à la porte du ciel.

«Nous étions les fiancées du Christ, notre Seigneur;mais séduites par les plaisirs mondains, nous devînmes