Romancero. 291
sept cadavres, qui nous suivent en nageant? Comme lesmorts nagent tristement dans la nuit!
« C’étaient autrefois des chevaliers brillants de joie etd’amour — Ils tombèrent éperdus dans mes bras, et mejurèrent une fidélité éternelle — Pour m’assurer quejamais ils ne pourraient rompre leur serment, je les fissaisir et noyer aussitôt — Comme les morts nagent tris-tement dans la nuit ! »
La servante rame, la comtesse pousse un éclat de rireque l’écho des montagnes répète d’un ton ricaneur etlugubre. Les cadavres flottants sortent de l’eau jus-qu’aux hanches; ils clignent de leurs yeux vitreux; ilslèvent la main, comme pour prêter serment. — Commeles morts nagent tristement dans la nuit!
UN A S R a
Tous les jours, la belle et jeune fille du sultan se pro-menait dans le jardin de son père; tous les jours, elleallait et venait, vers l’heure du soir, près de la fontainejaillissante, où jouent et clapotent les eaux blanches.
Tous les jours, le beau et jeune esclave se tenait, versl’heure du soir, près de la fontaine jaillissante, où jouentet clapotent les eaux blanches ; de jour en jour, s» ‘i-