ROMANCERO.
III
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Le shah Mahomet a bien dîné, et son esprit est debonne humeur.
Dans son jardin, au crépuscule du soir, il est assis surun coussin de pourpre, près de la fontaine qui jaillit etmurmure en répandant une délicieuse fraîcheur.
Ses serviteurs, le front incliné, l’entourent avec res-pect; parmi eux se trouve son favori Ansari.
Dans des amphores de marbre, s’épanouissent deluxuriantes touffes de fleurs au coloris ardent et varié.
Semblables à des odalisques, les palmiers élancéss’éventent gracieusement avec leurs éventails ver-doyants.
Immobiles et silencieux s’élèvent les cyprès, qui pa-raissent perdus dans d’extatiques rêveries.
Tout à coup résonnent des sons de harpe, accompa-gnés d’un chant doux et mystérieux.
Le shah tressaille et se lève en sursaut; il est commeensorcelé.— «De qui, s’écrie-t-il, sont les paroles de cechant? »
Ansari, à qui la question s’adressait, répondit : « Sei-gneur, c’est Firdusi qui les a composés. »
« Firdusi? — s’écria le prince tout interdit et comme
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