germania. 269
personne à Berlin , pour assister à la représentation desa comédie.
L’Aristophane en chair et en os passerait un mauvaisquart d’heure, le pauvre ami! Nous le verrions bientôtaccompagné de chœurs de gendarmes.
La populace aurait bientôt la permission de l’insulterau lieu de l’applaudir. Sa Majesté le roi ferait empoi-gner par ses argousins le pauvre Aristophane.
O roi, je ne te veux pas de mal, je veux te donnerseulement un bon conseil. Vénère les poètes morts; maisaie quelques égards pour ceux qui vivent.
N’offense pas les poètes vivants. Ils ont des flammeset des traits qui sont plus redoutables que la foudre dece Jupiter qui a été créé lui-même par les poètes.
Offense les dieux anciens et nouveaux, toute la cliquede l’Olympe, et le tout-puissant Dieu de la Bible par-dessus le marché ; mais n’offense pas les poètes.
Les Dieux punissent certes bien durement les méfaitsdes humains ; le feu de l’enfer est pas mal brûlant, ony doit frire et rôtir.
Pourtant il y a des saints dont les prières délivrent lepécheur. Par des dons aux églises, par des messes, onpeut acquérir une puissante intercession.
Et à la fin des jours, le Christ descendra et brisera les