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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
« Toi-même tu deviens vieux et facile maintenant, tute feras à bien des choses; même le passé, tu le verrassous un meilleur jour.
« On exagérait quand on parlait du malheureux sortde l’Allemagne; on pouvait échapper à l’esclavage,comme jadis à Rome, par le suicide.
«Le peuple jouissait de la liberté de penser; cetteliberté existait pour les masses, et la répression par lacensure ne frappait que le petit nombre de ceux quifaisaient imprimer leurs idées.
« Jamais l’arbitraire ne régna tout à fait, jamais onn’enleva sans jugement la cocarde nationale, même auplus dangereux démagogue.
« Jamais l’Allemagne n’en vint aux extrémités de lamisère, malgré toute la rigueur des temps. Crois-moi,jamais personne n’est mort de faim dans une prisonallemande.
«Le temps passé avait bien ses mérites et son charme;on y voyait s’épanouir les douces fleurs de la foi et dudévouement; maintenant c’est le règne du doute, de lanégation.
« La liberté pratique finira par anéantir l’idéal que'nous avons dans le cœur. C’est un rêve pur comme celuides lis, et qui se flétrit dans les clameurs démocratiques.
« Notre belle poésie aussi va s’éteindre, elle est mêmedéjà un peu éteinte.