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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
«J’avais besoin de revoir même ces stations de dou-leur où j’ai traîné, couronné d’épines, la croix de majeunesse.
«Je voulais pleurer encore où j’ai pleuré jadis, oùjadis ont coulé mes larmes les plus amères. Je crois quel’on nomme amour de la patrie ce fou désir.
« Je n’aime pas à en parler; ce n’est au fond qu’unemaladie. Mon cœur pudique cache toujours sa blessureà la foule.
« Je hais ce tas de gueux qui, pour émouvoir lesmasses en leur faveur, étalent sur les places publiquestoutes les plaies, tous les ulcères puants de leur patrio-tisme.
« Ce ne sont que d’éhontés mendiants ! La charité,messieurs et mesdames ! Ils veulent avoir l’aumône —Un sou de popularité à Menzel et à ses Souabes !
« O ma déesse ! tu m’as trouvé’ aujourd’hui dans unedisposition sentimentale ; j’ai le vin tendre. Je suis unpeu malade, mais cette maladie ne durera guère long-temps, et je serai bientôt guéri.
« Oui, je suis malade, et tu pourrais me ranimer gran-dement le cœur avec une bonne tasse de thé; tu y met-Iras du rhum. »