cette hydre aux cent têtes. Tu ne retrouves plus le beautemps d’autrefois et tes belles contemporaines !
« Tu ne retrouves plus ces douces fleurs que ton jeunecœur divinisait. Elles ont fleuri ici ; maintenant elles sontflétries, et la tempête les a effeuillées.
« Se faner, s’effeuiller, être foulé aux pieds de l’im-pitoyable destinée, mon ami, tel est le sort de tout cequi est beau et aimé sur la terre. »
— « Qui es-tu? — m’écriai-je —tu me considèrescomme un rêve des anciens jours. Où demeures-tu,femme majestueuse, ne puis-je pas t’accompagner? »
La fenjme se prit à sourire et dit : — « Tu te trompes,je suis une personne morale, décente et bien élevée; tute trompes, je ne suis pas ce que tu penses.
« Je ne suis pas une de ces petites demoiselles, unede ces lorettes parisiennes; car, apprends-le, je suisHammonia, la déesse protectrice de Hambourg.
« Tu t’étonnes et tu t’effrayes à la fois, poète si cou-rageux d’ordinaire; — veux-tu m’accompagner mainte-nant? Eh bien, ne tarde pas davantage! »
Je partis d’un éclat de rire, et m’écriai : — « Je tesuis sur-le-champ; marche en avant, je te suis, dusses-tume mener en enfer ! »