ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Dans de pareils moments, je déborde de tendresseet de désir. Les chats me semblent tous gris, les femmesme semblent toutes des Hélènes.
Et lorsque je fus à la rue Drehbahn, je vis à la lueurde la lune une femme de haute stature, une femme auxappas merveilleusement développés.
Son visage était rond et frais, ses yeux comme desturquoises, les joues comme des roses, sa bouche commedes cerises, et le nez aussi un peu rouge.
Sa tête était coiffée d’un bonnet de lin blanc et em-pesé, plissé en forme de couronne murale avec des tou-relles et des créneaux dentelés.
Elle portait une tunique blanche qui lui descendaitjusqu’aux mollets. Et quels mollets ! Ses jambes ressem-blaient à deux colonnes doriques.
Ses traits avaient une expression banale et même desplus vulgaires, mais son derrière, d’une étendue déme-surée, annonçait un être surhumain.
Elle s’avança vers moi, et me dit : « Sois le bienvenuaux bords de l’Elbe, après treize ans d’absence. Je levois, tu es toujours le même.
« Tu cherches peut-être ces âmes aimantes que tu asrencontrées si souvent dans ces aimables parages?
a La vie les a dévorées, la vie, ce tourbillon vorace,