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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Elle me regardait d’une façon si sentimentale, siintime, si dévouée, si mélancolique! A coup sûr, ellepossédait une belle âme; mais la chair était bien coriace.

On servit aussi sur un plat d’étain une tête de porc.Chez nous, en Allemagne, on garnit toujours de feuillesde laurier le front des cochons.

X

Au sortir de Hagen, il faisait nuit, et je sentais le froidme pénétrer jusqu’à la moelle des os. Je ne pus me ré-chauffer qu’à Unna, dans une auberge.

Je trouvai là une jolie tille qui me versa le punch d’unair amical. Ses cheveux bouclés étaient comme de lasoie dorée, ses yeux doux comme les rayons de la lune.

Je retrouvai avec bonheur l’accent westphalien quigrasseye. Le punch rallumait mille doux souvenirs. Jepensai à ces bons frères de Wesphalie,

Ces chers Westphaliens, avec qui j’ai si souvent bu àGœttingue, jusqu’à ce qu’une douce émotion gagnâtnotre cœur, et que nous nous embrassions tendrement,et que nous tombions tendrement sous la table.

Je les ai toujours aimés, ces chers, ces bons West-phaliens, ce peuple si fort, si sur, si loyal, sans vanterie,sans jactance.